CICELY MARY BARKER
Cicely en 1920
Le temps passe avec les saisons. Le vent emporte les jours, et la guerre les rondes des enfants. Après la parution des Fées des Arbres et des Jardins, Blackie a rappelé à Cicely la promesse des Flores Féériques des Frimas, lui a suggéré les Elfes et lutins des champignons, des papillons et des légumes du jardin. Mais le coeur n'y est plus. Les bombardements ont fait éclaté les fenêtres de son atelier.
Cicely ne reprendra ses crayons qu'en 1945.
En 1954, sa soeur Dorothy meurt foudroyée par une crise cardiaque. Cis se rend compte ce qu'elle devait à celle qui l'avait toujours affectueusement protégée et tenue à l'écart des tracas quotidiens. Comme une enfant perdue, Cicely est incapable de travailler, de d'occuper à la fois de la maison, des travaux ménagers, de sa mère malade qui décède en 1960.
Son amie Edith Major lui a légué Bartons en héritage, ce petit cottage blotti dans un havre de paix, de haies et de bosquets que Cicely aimait tant jadis et où elle avait toujours eu envie de vivre. Mais lui semblant trop isolé, elle choisit de s'établir dans une petite maison à Storrington qu'elle baptisa St Andrew's en souvenir de sa chère paroisse.
De saison en saison, la santé de Cicely se dégrade... elle perd un peu plus la vue, devient sourde mais parvient encore à distinguer de la fenêtre le bleu des iris et le rose délicat des jacinthes. Elle sait que bientôt elle va retrouver le paradis perdu... en 1973. On disperse ses cendres dans la clairière qui entoure l'église de Storrington... les fées et les elfes y mêlent leurs ailes diaphanes aux pétales des premiers crocus...